PROGRAMMES
En ski de randonnée, dès le printemps arrivé, se multiplient les possibilités de pratiquer sa discipline favorite, skis aux pieds. Avec 2 façons de les vivre différentes : le raid en itinérance, et le reste (en étoile, à la journée, avec assistance).
Dans cet article
Itinérance ; un mal pour un bien ?
Rentrant du premier Tour du Mont Blanc organisé par une agence et de la Haute Route inversée Zermatt-Chamonix, 2 très belles et fortes expériences humaines, mais qui m’ont demandé beaucoup d’énergie, il est l’heure d’en tirer un bilan.
Ces itinérances, comme tant d’autres, sont l’essence même du voyageur. Partir d’un point A pour aller soit vers un point B, voir même vers l’inconnu. C’est l’énergie fondamentale qui a amené l’Humanité à grandir, à découvrir, à parcourir la Terre entière.
Aller voir derrière le connu, derrière sa sphère de confort, là où il n’y a plus de surprises, ce qui se trouve. C’est une force qui permet de grandir, car chaque pas, une fois quitté le confort de l’espace connu, elle demande de trouver la force de poursuivre son aventure.
Et la liste est encore longue…
Alors pourquoi opter pour l’itinérance ? Pour quoi se mettre face à de tels challenges ? A cette question, là aussi une liste bien longue.
Pour la richesse du « choisir » : même si comme Hannibal*, « j’adore quand un plan se déroule sans accroc », ces tergiversations deviennent rapidement une constante dans ma guidance. J’ai appris à les accepter, les accueillir, les apprécier maintenant ! Car chacun de ces questionnements, à plus ou moins importantes conséquences, nous fait grandir. Humainement, ils nous élèvent.
Ils nous permettent de petit à petit modifier nos biais cognitifs, à assouplir la pensée, le sens du contrôle, souvent bien élevé dans le métier de guide de haute montagne. Ils développent la synthèse synaptique pour accélérer l’efficacité des choix, arrivant à inclure dans le processus décisionnel les tenants et les aboutissants des multiples possibles, afin de sélectionner le meilleur.
Ils nous permettent de nous poser dans l’adaptabilité, qui va devenir une valeur indispensable face au changement climatique et ses conséquences, qui vont rapidement être intenses et difficiles au niveau des sociétés. Ils nous invitent à modifier notre état émotionnel vis-à-vis de ceux-ci : les premiers raids à ski faisant éclore de tels choix ne sont pas aisés à gérer.
Puis par leur itération, les émotions s’apaisent, et peu à peu, les peurs (réelles ou fantômes, liées à notre construction individuelle) n’interfèrent plus ou peu dans l’efficacité du process décisionnel. Et dès lors, son efficacité augmente nettement.
Mais surtout, sentir cela en soi offre un apaisement et une belle satisfaction personnelle sur le chemin parcouru. Car ceci est ensuite facilement extrapolable hors contexte du ski de randonnée !
Alors dans la balance, ça vaut largement le coup de rencontrer la Terre, ses décors merveilleux, ses surprises, ses « blagues » qu’Elle nous fait à chaque aventure ! Car ce sont autant de possibilités offertes qui nous font grandir.
Vers une humanité plus respectueuse de son environnement, plus à même de prendre sa réelle place : la même que toute autre forme de vivant, comme étant non pas supérieur, ni possesseur, mais simplement une partie de l’écosystème Terre !
* référence à la série l’Agence Tout risques des années 80
Quelle différence entre un raid à ski et une sortie à la journée ?
Le raid avance d'un point à un autre, la sortie à la journée revient à son point de départ. L'article distingue deux façons de vivre le ski de randonnée de printemps : l'itinérance, et tout le reste, en étoile, à la journée ou avec assistance. En itinérance, vous dormez en refuge et vous skiez ce que la montagne propose ce jour-là.
Quel niveau faut-il pour faire un raid à ski de randonnée ?
Un niveau assez élevé, parce que vous ne choisissez plus votre neige. Sur un itinéraire qui avance chaque jour, il faut savoir skier la neige croûtée, la soupe et la neige gelée, dans l'ordre où elles se présentent. L'article le dit nettement : ce n'est plus le skieur qui va chercher le meilleur, c'est lui qui s'adapte. Plus le bagage technique est solide, plus le plaisir arrive.
Comment se prépare un raid à ski en itinérance ?
En amont, sur les cartes et les topos, bien avant le départ. Pieric Hotellier décrit des heures passées à chercher le passage, à monter les liaisons en transports en commun, à trouver les lieux d'hébergement et à bâtir des plans B et C. Ces plans servent toujours, dit-il, parce qu'il y aura toujours un imprévu.
Que faire quand la météo se gâte pendant un raid à ski ?
Trancher, et accepter que ce choix ait un coût. L'article décrit la scène : on ouvre la porte du refuge, la visibilité est de 10 mètres, le vent souffle à 60 km/h, la neige tombe à l'horizontale. Poursuivre demande d'enfiler son courage et de quitter le cocon pour de longues heures. Modifier le programme pèse aussi, pour celui qui décide comme pour ceux qui subissent.
Pourquoi le sac est-il plus lourd en itinérance à ski ?
Parce qu'il porte aussi vos peurs. Pieric Hotellier pose la question autrement : le poids qui pèse le plus n'est-il pas celui de la peur d'avoir froid, d'avoir faim, de manquer de batterie ou de ne pas être à la hauteur ? C'est elle qui fait glisser dans le sac mille et une barres énergétiques et autres gels, pour se rassurer.
Comment se passe la vie de groupe sur un raid à ski ?
Les masques tombent, et c'est le point le plus délicat. Plusieurs jours de proximité, la fatigue, les bobos, les moments joyeux et les moments durs font apparaître qui chacun est vraiment. L'article est net : la réussite d'une itinérance repose sur l'entraide et la collaboration, pas sur l'empilement d'individualités. Sans empathie, très peu de chances d'aller au bout.