PROGRAMMES
L'entrainement en escalade est un vaste domaine d'expérience, de recommandations, de tendances. Qui de surplus évolue au fil des ans. Mais dans cet univers complexe, ressort tout de même une tendance qui défit les années : celle qui dit que pour faire mieux, il faut en faire plus.
Dans cet article
Ou en d'autres termes, si tu veux progresser, il va falloir "rajouter" des choses à ce que tu es actuellement. Cela peut être du muscle, de la souplesse, de la coordination, de la lecture, de l'expérience, etc... Mais peu d'approche parle de s'alléger pour mieux grimper!
Pourtant, un montagnard le sait bien, lui, que plus son sac à dos sera léger, plus il sera "performant" et arrivera vite et frais au sommet. En théorie en escalade aussi, puisque les marques ne cessent de nous alléger cordes, dégaines, baudriers. Mais ça ne suffit pas pour passer par un simple clic d'achat à 500€ du 5c au 6a ou du 6c au 7a! Cela se saurait par ailleurs!
L'approche de l'entrainement actuel a évolué bien favorablement depuis des décennies. Fini les séances ou le critère de réussite était impérativement de sortir de la salle, ou du pan, avec les avants bras fumés, et l'impossibilité de tenir un crayon ou sa bière dans les heures qui s'en suivaient!
Aujourd'hui, pour la majeure partie des entaineurs et coachs sportifs, la qualité d'une séance prime sur la quantité. Les temps de récupération prennent autant d'importance que le nombre de séries. L'hydratation, l'alimentation sont également de mise dans les programmes.
Mais pour ce qui est de l'allègement, on pense uniquement à la perte de poids, de graisse. Comme si l'Homo Grimpeur était un objet - corps uniquement. Comme si les connaissances extra escalade n'étaient pas transposables. Comme si je n'avais pas aussi une sphère émotionnelle, sensorielle, avec une mémoire qui jouerait ou non en ma faveur....
Lorsque l'on s'intéresse aux Neurosciences, et à l'exploration de l'univers du cerveau, c'est incroyable et fascinant de se rendre compte à quel point nous sommes loin, mais très loin de tout connaître de notre potentiel! Et dans cette dimension scientifique de recherche, il y a une partie fort intéressante, qui touche à la gestion des peurs...
Et les peurs, quand on grimpe, on en a tous. Heureusement d'ailleurs, car sans elles, nous prendrions des risques inconsidérés et suceptibles d'entrainer des dommages coporels sérieux. Voir plus. Nos peurs nous protègent, sont nos gardes-fou la plupart du temps.
Mais à d'autres moments, sont récupérées par une partie du cerveau, qui ne veut pas que nous soyons dans un univers vertical avec un risque plus qu'élevé de tomber, et donc.... de mourir. Alors cette partie génère de subtils biais congitifs ou émotionnels qui vont arriver à leut but : nous empêcher de grimper dans un état de fluidité, de liberté. De grimper léger, sans le poids de la peur.
Et là se trouve un levier inscoupçonné pour progresser : celui d'entrainer aussi un muscle dont personne, ou presque, ne parle : celui de la peur. Celui des peurs.
Car comprendre que la peur est un mécannisme naturel, lié à un fonctionnement entre différentes sphères du cerveau; comprendre les mécanisqmes neuronaux, endocriniens, conscients ou non, c'est se rendre compte que je peux être acteur de la gestion de mes peurs. Non pas de leur apparation, non, mais plus de comment je gère ce que cette réaction biologique engendre chez moi.
La peur me stimule-t-elle pour grimper, me rend-t-elle plus efficient? Ou au contraire me plombe-t-elle, me rendant inéfficace à toucher à mon plein potentiel. Si je passe du 6c en moulinette à l'aise mais que je suis incapable de sortir un 5c en tête, sans doute un gros poids me l'empêche-t-il..
Entrainer le muscle de la peur, c'est découvrir tout ceci. C'est travailler sur les leviers qui sont accessible à tous, pour petit à petit, déposer ses craintes, ses réticences, ses peurs. Et peut être ses phobies un jour.
Lorsque je fais ce travail, qui est aussi demandeur que de faire des séries de tractions, de pan Gulich ou de Moonboard (voir plus même!), je dépose mes valises de peur, consciente et/ou inconsciente. Je dépose tellement de tensions, de crispations qui se traduisaient dans ma grimpe par une fatigue prématurée et excessive.
C'est dans nos stage Dépasser la peur de la chute en escalade, co-animé avec Natacha, thérapeute formée en hypnose et autres outils forts efficaces pour aller creuser là où ça bloque et surtout transformer le bloquage!
Nos "plus" ?
Durée : sur 3 ou 4 jours, ou maintenant pour des groupes constitués uniquement, sur 2 week-ends successifs.
Comment progresser en escalade sans multiplier les séances ?
En travaillant l'allègement plutôt que l'ajout. L'entraînement répète depuis des décennies que pour faire mieux il faut en faire plus: du muscle, de la souplesse, de la coordination. Aujourd'hui la qualité d'une séance prime sur la quantité, et les temps de récupération comptent autant que le nombre de séries. Alléger tes tensions libère un potentiel que l'ajout ne donne pas.
Pourquoi j'ai peur de grimper en tête alors que je gère en moulinette ?
Parce que ce n'est pas un problème de niveau technique mais de gestion de la peur. Pieric Hotellier prend l'exemple du grimpeur à l'aise dans le 6c en moulinette et incapable de sortir un 5c en tête: un gros poids l'en empêche. Une partie du cerveau refuse l'univers vertical et génère des biais cognitifs ou émotionnels qui cassent la fluidité.
Faut-il perdre du poids pour progresser en escalade ?
Non, l'allègement dont parle cet article n'est pas seulement corporel. Quand on parle d'alléger, on pense perte de poids et de graisse, comme si le grimpeur n'était qu'un corps. Le matériel ne suffit pas davantage: cordes, dégaines et baudriers allégées ne font passer personne du 5c au 6a. Ta sphère émotionnelle et sensorielle pèse tout autant.
Faut-il chercher à supprimer sa peur en escalade ?
Non, la peur sert de garde-fou. Sans elle, tu prendrais des risques inconsidérés, avec des dommages corporels sérieux à la clé. Le travail ne porte pas sur son apparition, qui reste une réaction biologique normale, mais sur ce que tu en fais. La vraie question: est-ce qu'elle te stimule et te rend plus efficient, ou est-ce qu'elle te plombe ?
En quoi consiste un stage pour dépasser la peur de la chute ?
C'est un stage co-animé par Pieric Hotellier et Natacha, thérapeute formée en hypnose. Il se déroule sur 3 ou 4 jours, ou sur 2 week-ends successifs pour des groupes constitués uniquement. Aucune obligation de tomber ni de voler pendant la formation, les sites d'escalade sont choisis selon ton niveau et l'accompagnement thérapeutique reste individualisé.
Travailler ses peurs, est-ce aussi fatigant qu'un entraînement physique ?
Oui, l'article le compare à des séries de tractions ou de Moonboard, voire davantage. La contrepartie arrive ensuite: en déposant tes valises de peur, tu laisses tomber des tensions et des crispations qui se traduisaient en grimpe par une fatigue prématurée et excessive. Tu grimpes moins crispé, donc plus longtemps, sans avoir rien ajouté à ton entraînement.