PROGRAMMES
Les grimpeurs aimant les grandes voies sont toujours friands de nouveau itiénraire? Car lorsque l'on a quelques années de pratique, les voies disponibles dans son secteur, et dans son niveau de grimpe, peuvent vite se réduire. Donc une ouverture de voie, c'est la garantie de la découverte, de l'aventure et du rocher neuf, tout neuf, sans usure ni indice, où le cheminement est entièrement à découvrir. Le Graal!
Dans cet article
Mais une ouverture de grande voie en escalade en montagne, ça se passe comment?
Avant même de poser le premier point; il y a le regard qui se pose. Sur une ligne, sur un possible. Un chemin dans la verticalité.
Et puis il y a l'esprit qui fait suite au coeur, se demandant si c'est effectivement possible de passer par ici; si cela ne va pas être trop dur, si aussi quelqu'un n'a pas déjà répondu à l'appel de la falaise et à déjà poser sa patte sur cette ligne. Et puis les règles : est-ce autorisé? Il ya t il des restrcictions de protections du milieur naturel?
Puis, une fois coeur et esprit accordés à l'investissement dans ce projet, reste à en évaluer la faisabilité. S'en suit alors des heures à trouver de l'information sur ce que le rocher va proposer :
Cette étape passée, l'organisation de l'équipement se construit peu à peu : équiper du haut ou du bas? Deux écoles, deux éthiques. L'une - du bas - puriste, mais chornophage et plus dangereuse, demandant plus d'engagement et d'investissement. La seconde permettant d'être efficace, et souvent plus propre dans le placement des points de protections, des relais. Parfois le mixte est aussi possible.
Selon la formule retenue, tout le matériel requis pour passer du projet à la réalisation se doit d'être monté à dos d'homme! Et c'est lourd et fastidieux que d'acheminier les goujons, les plaquettes, les relais chainés de la future voie. Mais aussi tout ce qui permettra de la créer!
Tout ceci en plus du classique matériel d'escalade, agrémenté ou non de la panoplie complète du TA( Terrain d'Aventure) en cas d'ouverture du bas (Friends, coinceurs, crochets, pitons...)...
Et puis s'en vient le moment de la création : sur place, vivre l'expérience exceptionnelle de cheminer vers l'inconnu! Avancer de pas à pas, de points à points, sans savoir aucunement comment passer, si cela va être possible.
C'est un sentiment puissant, incomensurable que celui de l'ouvreur - et sans doute est-ce ceci qui nous motive - que d'arpenter un cheminement en ayant tous ses sens en éveil, à deviner, sentir, trouver un passage sur le rocher!
Cependant, il faut rester modéré dans son entousiasme, lorsqu'une voie est ouverte en vue d'être par la suite répétée par le plus grand public soit-il. Car il est nécessaire de veiller à la sécurité des futurs grimpeurs, en plaçant les points définitifs de façon pertinente, tenant compte :
Le leader avance donc en tête, placant des points temporaires de protection, et une fois sécurisé, il place un goujon et une plaquette sur laquelle il peut se poser un peu avant de repartir.
Dans ce domaine, l'éhtique est sujet à débat : d'aucun stipule qu'une ouverture du bas doit se faire sans point d'aide, d'autre non. Tout est histoire de conscience au final! Mais quoiqu'il en soit, une ouverture de voie, ce sont des heures et des heures de bénévolat, car les équipeurs ne sont que très rarement rémunérés pour leur travail en montagne.
Dans ma très modeste expérience, je réalise que l'éthique porte parfois préjudice à la qualité. Que pour laisser derrière soi quelque chose de sécure, propre, donannt envie d'y aller, des consessions à celle-ci me paraissent acceptables.
Car sinon l'ouverture se fait pour soi, pour le plaisir de celle-ci, mais pas forcément pour les autres. J'aime a savoir une voie ouverte répétée car accessible, donnant envie d'y aller, et non pas un itiénraire faisant peur et limité à une catégorie de fort grimpeurs sans peur.
Quand la voie est achevée, quelle satisfaction! Cela peut demander quelques jours à quelques années, selon le temps disponible, l'accessibilité, la météo. Dans tous les cas, c'est souvent long! Mais ce n'est pas fini pour autant! Comme dans tout chantier, quand il est terminé, place au nettoyage.
Dans l'ouverture, cela consiste à redescendre - encore à dos d'homme... ce qui a été nécessaire. Et c'est de nouveau les dos, les genoux, les épaules qui encaissent le coup.
Et puis pour qu'une fois soit répétée, elle se doit d'être connue. Place alors à la réalisation d'un topo, du travail de dessin, d'écriture, qui rendront ce nouvel itinéraire populaire. Ou pas :-)
Comment équipe-t-on une grande voie en escalade ?
L'équipement commence bien avant la pose du premier point, par le repérage d'une ligne et par l'évaluation de sa faisabilité : photos, observation aux jumelles, descente en rappel quand c'est possible, témoignages. Vient ensuite le choix entre équiper du bas ou du haut, le portage de tout le matériel à dos d'homme, puis la progression longueur par longueur, avec pose des goujons, des plaquettes et des relais chaînés.
Faut-il équiper une voie d'escalade du bas ou du haut ?
Les deux se pratiquent et renvoient à deux éthiques différentes. L'équipement du bas passe pour le plus puriste, mais il est chronophage, plus dangereux et demande davantage d'engagement. Celui du haut permet d'être efficace et souvent plus propre dans le placement des points de protection et des relais. Le mixte des deux est parfois possible, et le choix reste une histoire de conscience.
Combien de temps faut-il pour ouvrir une grande voie ?
Comptez entre une et deux heures de travail par longueur, d'un relais au suivant. Une voie de dix longueurs représente donc vingt heures au minimum. À l'échelle du projet, l'ouverture peut s'étaler de quelques jours à quelques années, selon le temps disponible, l'accessibilité de la paroi et la météo.
Quel matériel faut-il pour ouvrir une voie d'escalade ?
Il faut monter à dos d'homme tout ce qui servira à créer la voie, en plus du matériel d'escalade classique : perceuse avec ses batteries et ses mèches, marteau, clés pour visser les boulons, brosses de nettoyage et barre à mine pour la purge. Les goujons, les plaquettes et les relais chaînés de la future voie montent aussi sur le dos. En ouverture du bas s'ajoute la panoplie du terrain d'aventure (friends, coinceurs, crochets, pitons).
Les ouvreurs de voies d'escalade sont-ils rémunérés ?
Très rarement. Une ouverture de voie représente des heures et des heures de bénévolat, les équipeurs ne sont que très rarement rémunérés pour leur travail en montagne. S'y ajoutent les heures ingrates de portage et de purge, que les grimpeurs ne voient pas, puis le nettoyage final où tout le matériel redescend, encore à dos d'homme.
Comment sont choisis les points d'une grande voie ?
Les points définitifs sont placés en pensant à ceux qui répéteront la voie. Quatre critères guident le choix : la sécurité (éviter les chutes dangereuses et les zones de rocher instable), la fluidité de la progression en minimisant le tirage de la corde, la longueur de la corde, et la qualité de la roche qui soutient le point. Le leader progresse sur des points temporaires, puis pose un goujon une fois sécurisé.