PROGRAMMES

+33.(0)6.81.07.66.35
Pieric Hotellier - Guide de haute montagne

Été 2026 : début du changement ?

Été 2026 : début du changement ?

Impossible en France de passer à côté de ce que notre Terre nous montre : nous sommes dans le changement climatique. Les étés d'il y a 30, 20 ou même 10 ans, ne reviendront plus.

Nous sommes dans le changement climatique

Quand la science explique que pour que cela soit possible, il faudrait attendre 10 000 ans, afin que la quantité de CO2 dans l'athmosphère retourne à des niveaux d'avant!
10 000 ans....

Une nouvelle ère est donc là. Pas très réjouissante, emplie d'extrèmes : températures, sécheresses, orages, vent. Tout est en mode "plus".

Les glaciers disparaissent de façon extrêmement rapide

Les montagnes sont comme le reste, soumises à ce que nous avons en partie créé (la part anthropique du CO2 dans l'atmosphère reste discutable, mais pourtant indéniable). Les glaciers à travers le monde disparaissent de façon extrêmement rapide: les crevasses rendent les accès délicats voir impossibles; des pans de montagnes d'effondrent...

Sur ces 100 courses, 1/3 n'existent plus

Gaston Rébuffat a écrit son livre "les 100 plus belles courses d'alpinisme du massif du mont Blanc" en 1973. Aujourd'hui, sur ces 100 courses, 1/3 n'existent plus; 1/3 le sont de façon très délicate et dangereuse, et il reste seulement 1/3 raisonnablement parcourues. Ceci est assez éloquent pour montrer la vitesse du changement de notre environnement.

Nous voilà donc devant le résultat de notre indifférence aux alarmes récurrentes (depuis 1979!) sur les conséquences dramatiques pour l'humanité de ce changement climatique. Nous n'avons pas prêté attention à la science qui, depuis 47 ans, informe et alerte à ce sujet. Nous n'avons pas écouté les signes de la Nature.

Nous avons préféré faire l'autruche, ou croire à la technologie qui résoudrait tout. Force est de constater  - et ce n'est que le début - que non!

Alors que faire?

Que faire à la micro échelle de nos pratiques de loisirs, sportives, en milieu naturel?

Comment continuer de pratiquer dans un milieu en pleine mutation, tout en changeant nos habitudes? Comment faire évuler notre relation à l'environnement, au Vivant, pour d'avantage de respect?

La Terre elle s'en remettra. Elle l'a déjà fait auparvant, bien avant que nous ne soyons là. Pas de soucis à se faire pour Elle. La force de Vie est inaltérable, simplement elle s'exprimera autrement, avec des écosystèmes différents de ceux que nous connaissons actuellement. Mais quoiqu'il en soit, elle perdurera.

Nous, Humains, peu-être pas!

Quelques réflexions pour donner un espoir à nos enfants d'avoir encore un peu la possibilité de vivre, sans juste survivre (par exemple passer l'été enfermé dans une cave avec la clim car la chaleur serait mortelle), sur notre si belle Planète :

Dès maintenant, réduire notre consommation d'énergie fossile drastiquement

  • en jouant sur le pôle le plus conséquent : les transports (dans le tourisme à l'échelle mondiale, ils sont responsables de 65% des émissions de CO2) :  l'avion? old school! Réinventer sa conception du voyage pour faire ailleurs ou autrement. A Essaimance, nous vous proposons depuis 5 ans des alternatives avec le train par exemple, pour des raids en ski de randonnée. La voiture thermique pour aller grimper, skier, randonner? Prendre le temps de chercher du co-voiturage, se lancer dans la mobilité en vélo (élec ou pas), regarder les transports en commun, dont l'offre est élargie en été.
  • s'interroger sur le besoin d'acquérir à chaque fois un nouvel équipement. Qui bien souvent provient de l'autre bout de la planète en cargo ( l'une des forme de transports les plus émetteurs de CO2). Et qui pour sa fabrication est en soi énergivore.
  • opter pour les accès décarboné en montagne (est il encore raisonnable de pratiquer l'héliski en Islande, en Inde, en Italie, au Canada en 2027?)
  • laisser tomber un peu, ou beaucoup, les réseaux sociaux
  • modifier notre façon de travailler pour les professionnels de la montagne. En acceptant par exemple de mutaliser "sa" clientèle. En canyonning, en réduisant l'impact sur la faune sauvage particulièrement sensible en période de faible débits et de température d'eau élevée par une meilleure gestion des passages lors des épisodes de sécheresse.

Oeuvrer ensemble, redécouvrir son terrain de jeu de proximité

dès maintenant, oeuvrer ensemble : se rassembler autour de valeurs communes, et dans des modes de pratiques convergentes vers le seul objectif qui en vaille la peine : être acteurs de changement! Partager des idées, des projets, des outils, des tips. Tout ce qui peut rendre l'impossible, possible.

Sortir des comparaisons, des jugements de "l'autre" et de ses incohérences, car nous sommes tous imparfaits! S'inspirer de l'un pour à son tour êtes inspirant. Etre un exemple, car "l'exemple-plait" pour montrer des possibles.

Redécouvrir son terrain de jeu de proximité

Pour ce faire, différents biais possible : la mobilité, la recherche d'itinéraires alternatifs, l'abandon d'objectifs définis au profit de l'expérience, du ressenti

La sensibilisation de notre clientèle

la sensibilisation de notre clientèle ( pour les pros) à également développer les biais cognitifs entre ce que je fais, comment je le fais, et mon impact sur le terrain de pratique que j'aime, que je recherche et que je détruis en même temps.

Devenir des pédagogues du climat; avoir le courage de dire NON à des projets aguichants financièrements, mais environnementalement impactants. Et ce n'est pas facile! Mais là sans doute est un levier qui peut actionner une réflexion si tous les acteurs convergent en ce sens.

Car souvent notre clientèle est aisée, de catégorie sociale plutôt élevée, et parfois indiférente à ce qui se passe dehors, dans le vrai monde. Celui de la nature qui mute et celui où il est difficile de suivre le rythme de l'adaptation.

Réussir à faire sentir, car au final ce n'est que par le coeur que le changement est possible, que l'argent ne remplacera jamais l'air, l'eau, la terre, les pantes que nous sont indispensables. En d'autres termes, imaginer une nouvelle façon de faire société dans un monde sans repères, car tout à inventer.

Je continuerai de proposer une autre approche de la montagne

Quoiqu'il en soit, je continuerai de proposer une autre approche de la montagne, plus en cohérence avec l'urgence de réhabilier l'Homme dans son écosystème Terre, et d'en finir avec la spoliation sans fin - alors qu'elles en ont une - des ressources terrestres.

Et de promulger dans le même temps la nécessaire transformation intérieure de tout un chacun, afin d'éveiller si nécessaire la conscience de ce que nous sommes tous, véritablement tous, au fon de nous.

Questions fréquentes

Le changement climatique est-il réversible à notre échelle ?

Non, pas à notre échelle. L'article rappelle qu'il faudrait environ 10 000 ans pour que la quantité de CO2 présente dans l'atmosphère retrouve ses niveaux d'avant. Nous sommes donc entrés dans une nouvelle ère, faite d'extrêmes : températures, sécheresses, orages, vent. La question n'est plus de revenir en arrière, mais de réduire vite nos émissions et d'apprendre à pratiquer dans un milieu qui bouge.

Combien de courses du mont Blanc ont disparu avec le réchauffement ?

Un tiers. Gaston Rébuffat publiait en 1973 "Les 100 plus belles courses d'alpinisme du massif du mont Blanc". Aujourd'hui, un tiers de ces courses n'existent plus, un tiers ne se parcourt que de façon très délicate et dangereuse, et un tiers reste raisonnablement praticable. Crevasses ouvertes, accès compliqués, pans de montagne qui s'effondrent : le terrain a changé en un demi-siècle.

Quelle part des émissions du tourisme vient des transports ?

65 %. À l'échelle mondiale, les transports représentent 65 % des émissions de CO2 du tourisme, ce qui en fait le premier levier à actionner. Concrètement, cela vise l'avion, puis la voiture thermique utilisée pour aller grimper, skier ou randonner. Covoiturage, vélo à assistance ou non, transports en commun dont l'offre s'élargit en été : les options existent déjà.

Peut-on partir en ski de randonnée sans prendre l'avion ?

Oui, et Essaimance le fait depuis cinq ans. Des raids en ski de randonnée sont organisés avec le train comme moyen d'accès, la Slovénie par exemple. Le voyage change alors de nature : le trajet fait partie de la sortie au lieu d'être un temps mort à traverser le plus vite possible. Un coaching permet de préparer ce type de projet.

Comment un guide de haute montagne réduit-il son impact ?

En changeant sa façon de travailler, pas seulement son discours. L'article cite la mutualisation de la clientèle entre professionnels, le choix d'accès décarbonés, une meilleure gestion des passages en canyon lors des épisodes de sécheresse, quand le débit est faible et l'eau chaude, et le courage de refuser des projets financièrement attirants mais lourds pour le milieu.

Faut-il arrêter la montagne à cause du changement climatique ?

Non, mais il faut la pratiquer autrement. L'article ne demande nulle part de renoncer : il invite à redécouvrir son terrain de jeu de proximité, à chercher des itinéraires alternatifs et à lâcher l'objectif fixé au profit de l'expérience vécue. "L'aventure commence au bout du jardin", pour qui accepte de sortir du connu.

Ce qu'il faut retenir
  • Il faudrait environ 10 000 ans pour que le CO2 atmosphérique retrouve ses niveaux d'avant : le retour en arrière n'est pas une option.
  • Sur les 100 plus belles courses du massif du mont Blanc recensées par Rébuffat en 1973, un tiers n'existe plus et un tiers est devenu dangereux.
  • Les transports pèsent 65 % des émissions de CO2 du tourisme mondial, c'est là que se joue l'essentiel des arbitrages.
  • Essaimance propose depuis cinq ans des raids en ski de randonnée accessibles en train, et Pieric Hotellier compte poursuivre dans cette direction.
Les autres articles
Coordonnées

627, Route de Verbin
74230 Dingy St-Clair

La carte

Nous contacter

J'accepte que ces données soient utilisées afin de traiter ma demande dans le cadre de la relation qui découle de cette demande. En savoir plus
Découvrez